1. La PMEV
La PMEV (Pédagogie de Maîtrise à Effet Vicariant) est basée sur une hypothèse de Reuchlin selon laquelle on apprend par analyse et repérage d'indices. Pour apprendre, on observe également ce que font les autres.
Maîtrise car il s'agissait au moment où cette méthode a été mise en place aux Etats-Unis , de travailler à égaler dans les classes les résultats atteints dans les préceptorats, qui sont de l'ordre de 95%. C'est là un objectif : 95 % d'acquisition par 95 % des élèves, en donnant à chacun, selon la formule de Bloom, "le temps dont il a besoin pour apprendre".
L'apprentissage vicariant est le moyen retenu pour atteindre cet objectif. Il pourrait ainsi correspondre, dans le contexte scolaire, à ce que l'enfant peut apprendre en marge du discours du maître proprement dit, en regardant faire et en écoutant faire ceux qui savent faire ou sont en train d'apprendre. 
La PMEV, au fond, sans apporter de véritable nouveauté, a le mérite d'accepter le jeu de processus plus ou moins dévalorisés ou proscrits (jusque-là, le "copiage" était encore considéré comme "immoral") et aussi le mérite d'en avoir rationnalisé la mise en oeuvre.
Le choix de cette option a un impact déterminant : pour des raisons techniques, la PMEV est contrainte de laisser l'enfant choisir sa tâche, et elle découvre alors la clé qui était recherchée : lorsqu'on laisse à l'élève le choix de la tâche, le bénéfice en terme d'apprentissage est significativement plus grand. À court terme, il y a le plaisir du choix, qui favorise l'acceptation de la contrainte scolaire et l'engagement de l'élève dans sa tâche.
Mais surtout, à plus long terme, une perspective de construction du "bon élève".
En effet, pour choisir sa tâche, l'élève doit d'abord se représenter le travail à effectuer, faire le tri entre ce qu'il peut et ne peut pas encore faire. En d'autres termes, par "la liberté de choix", l'enfant en réalité conduit à s'entraîner à analyser les tâches proposées, comme savent le faire les "bons élèves". Mais cette contrainte doit évidemment être étayée, et le principe moteur de la PMEV est là, en permettant de délivrer chaque jour de nouvelles bribes d'informations venant faciliter l'évolution des représentations de l'élève et affiner par là son aptitude à choisir sa tâche en connaissance de cause.
C'est en cela que les "bons élèves" vont l'y aider, par un moment de bilan approprié (le Temps d'Aide Collective).
Cette introduction sur la PMEV reprend en grande partie une intervention de Jacques Bert au Congrès des Psychologues de l'Isère, le 9 octobre 2002.
Retrouvez le livret explicatif pour les parents au format pdf (1 Mo)

1 la PMEV  5 les outils
2 périodes 6 et les jours suivants ?
3 le travail individuel de classe (TIC) 7 téléchargements
4 le temps d'aide collective (TAC) 8 liens utiles